Tout le
monde connaît Chavaz: les rivières le connaissent, les curés le
connaissent, les cafés le connaissent, les vergers, les fermes, et tout
le Valais se retrouve sur ses toiles. Il est notre Courbet. Ce que
j'aime c'est le côté charnel rendu avec la plus grande franchise.
Il a dit
un jour à ses amis cette phrase qui m'a ravi: «Ne faut‑il pas peindre un
nu comme on peindrait un mulet ?»
Mais en
même temps ses grands nus ont une étrange pudeur: ces femmes dévêtues,
elles ont quelque peu cette distance, cette immobilité, cette sorte de
simplification hiératique que les anciens maîtres populaires valaisans
donnaient à leurs modèles.
Catalogue du château de Villa, à Sierre,
septembre‑octobre 1960.
Maurice
Chappaz