Exposition

Jeannette Antille
à la Maison de la Culture

du ve. 4 décembre
au di. 17 janvier 2010

le me., je., ve., di. de 14.00 à 19.00 
le sa. de 14.00 à 20.30 (comme le caveau)

24 et 31 décembre fermeture à I6h30 - 25 décembre et 1 janvier : exposition fermée

 

 

Jeannette Antille expose à Savièse

 

Jeannette Antille passe son enfance entre Muraz / Sierre et Niouc, petit hameau à l'entrée du Val d'Anniviers. A la vue de ses dessins le médecin de famille l'encourage à prendre des cours. Après l'Ecole des beaux arts, la jeune Sierroise se consacre entièrement à la peinture. C'est le 10 mars 1964, à l'âge de 35 ans, qu'elle vit son premier Vernissage à la salle de l'hôtel Terminus, à Sierre. Plusieurs personnalités et de grands noms de la peinture valaisanne l'honorent de leur présence : Léo Andenmatten, Albert Chavaz, Maurice Chappaz, Charles-Clos Olsommer, Fred Fay et Alfred Wicky.

Charles Olsommer passe régulièrement, l'encourage à poursuivre, lui prodigue des conseils.  

 

Sa peinture

 

 

Le monde rural étant conditionné par le soleil, ce dernier occupe souvent une place très importante dans les tableaux de l'artiste. Les personnages qu'elle peint, sans plasticité, ont des visages dépourvus de traits. En fait, elle ne veut pas représenter un personnage en particulier, mais le paysan en général.

Jeanette Antille utilise une peinture à l'huile très diluée. Ce procédé implique une maîtrise technique exceptionnelle, car il ne permet pas de procéder à des retouches. Sa palette ne comporte qu'un nombre de couleurs restreints mais toujours chaudes. Dans sa recherche de simplification, elle exploite au maximum le pouvoir de suggestion : ses paysages sont souvent suggérés à l'aide de grands aplats de couleurs juxtaposés, de tons voisins les uns des autres. 

 

Ses expositions

Jeannette Antille expose à de multiples reprises dans sa région: à  Muraz (dans sa maison "Lé Baptistone"), à Sierre, à St-Luc, à Chippis, à Vissoie, à Chandolin, à Moiry, à Vercorin, à St-Léonard, à Crans, à Sion et à Martigny. "Les attitudes, les tons, la lumière, les formes, tout est romantisme : dans certaines toiles il s'exprime en silence, devient réflexion intérieure ouverture de la terre" écrit Henri Maître en octobre 1971.

Plus tard l'artiste est invitée au Lausanne-Palace, à Villeneuve, à la Galerie du château à Avenches, à l'hôtel Tiffany à Genève, à Paris enfin, au Salon des Nations, en 1985, moment exceptionnel de sa carrière. 

En 1983, Jeannette Antille expose un première fois à la galerie communale de Savièse, avec quatre autres femmes, dont Marie-Jeanne Geiger et Christiane Zufferey. Elle y revient, avec une palette d'autres artistes, dans le cadre de trois éditions du Panoram'art valaisan, expositions-vente organisées par la Table ronde 21 de Sion, en faveur de l'Institut Notre-Dame de Lourdes, la Main tendue, l'Antenne François-Xavier Bagnoud et l'Antenne Sida à Sion. L'artiste-peintre évoquera à plusieurs reprises ces expériences saviésannes dont elle a gardé un excellent souvenir. Elle exprimera même le souhait d'exposer à Savièse dans l'année qui précède son décès, un vœu sur le point de se réaliser aujourd'hui. 

En 1989, à l'occasion des ses 25 ans de peinture, elle publie "Sève Blanche", un livre de poèmes et de dessins. On écrit d'elle à cette occasion: "Jeannette Antille a suivi les conseils d'Olsommer et assimilé les leçons de Fred Fay, mais elle a créé sa propre voie. Elle s'est fait le peintre des humbles, de la réalité quotidienne et des joies simples de l'existence. Tout au long de son œuvre, elle a peint avec l'élan spontané du cœur et la vérité de l'émotion." 

 

Le langage du cœur

Poèmes et tableaux parlent le même langage, celui du cœur en toute sincérité . C'est l'image du Valais d'hier qui se perpétue dans l'œuvre de Jeannette Antille. L'artiste évoque ces communautés villageoises qui vivaient au rythme des travaux saisonniers et des fêtes religieuses qui éclairaient leur existence laborieuse.

 

Elle peint ces hommes et ces femmes qui piochent ou attachent la vigne, qui sèment le seigle et le blé dans leurs petits champs, qui coupent les foins sur les prés en pente. Elle célèbre les grands moments de l'existence: la joie de la maternité, les jeux de l'enfance, ces liens qui unissent le couple ensemble à l'ouvrage et l'affection qui lie ces vieillards, assis sur un banc en goûtant le repos dans la lumière du soleil couchant.

 

Son art refuse l'anecdote. Ces scènes ancrées dans une réalité qu'elle a vécue en famille, avec les gens de la Vallée, partagent leurs joies et leurs peines, évoquent non seulement leur dure condition, mais aussi la foi qui l'a éclairée.

 

Qui a connu le bonheur d'ouvrir la porte de Jeannette Antille aura reçu l'accueil, le regard bleu intense et la chaleur qui émanaient en permanence de sa personne. Au mois de Janvier 2007 l'artiste a rangé ses pinceaux, son âme s'en est allée, mais son esprit tant aimé demeure.

 

A travers ses œuvres, c'est une joie de retrouver Jeannette Antille pour une exposition à Savièse, à la Maison de la Culture, du 4 décembre 2009 au 17 janvier 2010.