2003, ANNEE DE LA BIBLE par Bernard Héritier, diacre
LA MORT :
CONJUREE OU VAINCUE ?
HALLOWEEN OU JESUS-CHRIST?
Mois
d'entrée en hiver, mois des premiers grands froids et des premières
neiges, novembre est aussi, traditionnellement, le mois où l'on célèbre
la mort. Fête de la Toussaint (1er novembre) et Commémoration
de tous les fidèles défunts (2 novembre) ou fête d'Halloween
(31 octobre)?
Pour
l'homme biblique, le fait de la mort est ressenti douloureusement:
Joseph couvre de larmes le visage de son père Jacob (Gn 50,1).
C'est que pour les Hébreux de l'Ancien Testament, la mort est un
quasi-anéantissement. Mais dans la réflexion biblique, cette idée de la
disparition définitive de l'être humain devint rapidement insupportable.
C'est l'affermissement de la foi en Dieu maître absolu de la vie et
l'expérience de Sa fidélité indéfectible qui entraîna l'homme de
l'Ancien Testament à attendre un bonheur venant d'un au-delà de la mort:
un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière
s'éveilleront (Daniel 12,2).
L'homme
de l'Ancien Testament finira donc par croire à la résurrection: c'est
parce que Dieu est juste qu'Il ne peut laisser son fidèle au pouvoir de
la mort.
Le
chrétien du Nouveau Testament va quant à lui réellement éprouver la
puissance même de cette résurrection. Jésus-Christ fait éclater en effet
les portes de la mort: Ne vous effrayez pas. C'est Jésus le Nazaréen
que vous cherchez, le Crucifié: il est ressuscité! (Marc 16,6). A
travers l'expérience même de Jésus, le chrétien croit donc et espère
que, participant à la vie même de ce Jésus, il passe avec Lui de la mort
à la vie.
Les
Celtes quant à eux célébraient le 31 octobre leur nouvel an. Ce jour-là,
les portes entre le monde des vivants et des morts s'ouvraient.
Surgissaient alors les esprits maléfiques qui venaient chercher sur
terre les vivants. A l'orée de la nuit les druides éloignaient les
esprits mauvais, apaisaient les esprits des morts et les puissances
surnaturelles. Ils passaient de maison en maison distribuer le feu sacré
pour protéger le foyer, réclamant des offrandes et proférant des
malédictions en cas de refus.
La fête d'Halloween nous
plonge donc dans un univers de fatalité : les lois du monde, les forces
occultes, les mondes parallèles et les puissances secrètes sont
tellement puissantes que nous ne pouvons que les conjurer.
Dans
l'expérience chrétienne en revanche, la mort est un passage, une
métamorphose, une transfiguration: le chrétien passe de cette vie-ci,
transitoire et imparfaite, à la Vie éternelle qui ne passera pas. La
mort est donc le lieu même d'une victoire: celle du Christ ressuscité
qui nous donne de participer à sa propre résurrection, à sa propre Vie,
la Vie même de Dieu.
Et
c'est bien ce que nous célébrons les 1er et 2 novembre. La Mort n'est
pas seulement conjurée. Elle est vaincue par l'Amour de Dieu qui nous
appelle à vivre avec Lui éternellement.