Paroisse catholique de Savièse

 

Patron de la Paroisse de Savièse,

St-Germain,  fête le 28 mai

 

Page 14                                                                  Page 1

 

 

 

Novembre 2003

 

 

 

Croix du Prabé
alt. 1982 m

 

 

 

 

 

 

 


 

Halloween
ou Jésus-Christ ?

 


 

2003, ANNEE DE LA BIBLE par Bernard Héritier, diacre

LA MORT :
CONJUREE OU VAINCUE ?
HALLOWEEN OU JESUS-CHRIST?

Mois d'entrée en hiver, mois des premiers grands froids et des premières neiges, novembre est aussi, traditionnellement, le mois où l'on célèbre la mort. Fête de la Toussaint (1er novembre)  et Commémoration de tous les fidèles défunts (2 novembre) ou fête d'Halloween (31 octobre)?

Pour l'homme biblique, le fait de la mort est ressenti douloureusement: Joseph couvre de larmes le visage de son père Jacob (Gn 50,1). C'est que pour les Hébreux de l'Ancien Testament, la mort est un quasi-anéantissement. Mais dans la réflexion biblique, cette idée de la disparition définitive de l'être humain devint rapidement insupportable. C'est l'affermissement de la foi en Dieu maître absolu de la vie et l'expérience de Sa fidélité indéfectible qui entraîna l'homme de l'Ancien Testament à attendre un bonheur venant d'un au-delà de la mort: un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s'éveilleront (Daniel 12,2).

L'homme de l'Ancien Testament finira donc par croire à la résurrection: c'est parce que Dieu est juste qu'Il ne peut laisser son fidèle au pouvoir de la mort.

Le chrétien du Nouveau Testament va quant à lui réellement éprouver la puissance même de cette résurrection. Jésus-Christ fait éclater en effet les portes de la mort: Ne vous effrayez pas. C'est Jésus le Nazaréen que vous cherchez, le Crucifié: il est ressuscité! (Marc 16,6). A travers l'expérience même de Jésus, le chrétien croit donc et espère que, participant à la vie même de ce Jésus, il passe avec Lui de la mort à la vie.

Les Celtes quant à eux célébraient le 31 octobre leur nouvel an. Ce jour-là, les portes entre le monde des vivants et des morts s'ouvraient. Surgissaient alors les esprits maléfiques qui venaient chercher sur terre les vivants. A l'orée de la nuit les druides éloignaient les esprits mauvais, apaisaient les esprits des morts et les puissances surnaturelles. Ils passaient de maison en maison distribuer le feu sacré pour protéger le foyer, réclamant des offrandes et proférant des malédictions en cas de refus.

La fête d'Halloween nous plonge donc dans un univers de fatalité : les lois du monde, les forces occultes, les mondes parallèles et les puissances secrètes sont tellement puissantes que nous ne pouvons que les conjurer.

Dans l'expérience chrétienne en revanche, la mort est un passage, une métamorphose, une transfiguration: le chrétien passe de cette vie-ci, transitoire et imparfaite, à la Vie éternelle qui ne passera pas. La mort est donc le lieu même d'une victoire: celle du Christ ressuscité qui nous donne de participer à sa propre résurrection, à sa propre Vie, la Vie même de Dieu.

Et c'est bien ce que nous célébrons les 1er et 2 novembre. La Mort n'est pas seulement conjurée. Elle est vaincue par l'Amour de Dieu qui nous appelle à vivre avec Lui éternellement.

Bernard Héritier