Paroisse catholique de Savièse

 

Patron de la Paroisse de Savièse,

St-Germain,  fête le 28 mai

 

Page 6                                                                   Page 1

 

 

 

Janvier 2003

 

 

Eglise de Savièse
Vitrail des Rois
Ernest Biéler (1934)

 

 

 

 

Eglise de Savièse
Clé de voûte
St Antoine (XVIe s.)

 

 

 

Eglise de Savièse
Vitrail du Bisse
Ernest Biéler (1934)

 

 

 

Eglise de Savièse
Clé de voûte
Etoile (XVIe s.)

2003, ANNEE DE LA BIBLE par Bernard Héritier, diacre

LE PSAUME 129 (130)

Partition du Psaume 129 (.pdf)

Les 150 psaumes de l’Ancien Testament sont, aujourd’hui encore, le coeur vivant de la Bible: ne constituent-ils d’ailleurs pas une grande partie de la Liturgie des heures priée quotidiennement par l’Eglise: religieux, religieuses, prêtres, diacres et de nombreux laïcs?

Poèmes chantés, poèmes priés, les Psaumes nous apprennent que nous pouvons adresser à Dieu les moindres désirs de notre coeur, dans la supplication ou la confiance, dans la détresse ou le bonheur.

Beaucoup d’entre eux sont de véritables perles à la fois par leur qualité poétique et par la densité de leur message.

Ainsi en va-t-il du psaume 129, appelé jadis de Profundis. Notre mémoire associe habituellement ce psaume aux funérailles, au deuil et à la tristesse. Mais sait-on qu’il est utilisé comme psaume de vêpres pour le jour de Noël et tous les jours de la semaine qui suit Noël? C’est qu’il est avant tout un chant d’espérance et de joie.

Ce psaume est déjà admirable dans sa construction:

    Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,

    Seigneur, écoute mon appel!

   Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

A       Si tu retiens les fautes, Seigneur,

           Seigneur qui subsistera?

            B         Mais près de toi se trouve le pardon

                                  pour que l’homme te craigne.

                C     J’espère le Seigneur de toute mon âme;

                                    je l’espère, et j’attends sa parole.

                     D      Mon âme attend le Seigneur plus qu’un

                                             veilleur ne guette l’aurore.

                     D     Plus qu’un veilleur ne guette

                                             l’aurore,

                    attends le Seigneur, Israël.

           B       Oui, près du Seigneur, est l’amour;        

                               près de lui abonde le rachat.

A        C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Dans l’introduction, le psalmiste est au plus noir de son existence (les profondeurs sont ici celles de la mer, lieu du mal, des plus grands désespoirs, de toutes les dépressions). Il a fait l’expérience de la mort, de l’échec, de la solitude, du rejet. Et il crie, il demande à Dieu de se pencher vers lui pour l’écouter!

Le psaume est ensuite construit en forme de chiasme, ou de croix: ABCDDCBA. Les auteurs bibliques appréciaient beaucoup ce type (et d’autres!) de construction littéraire. Chacune des idées se retrouve ainsi exposées deux fois. Comme en écho. Ce qui sert de renforcement à la pensée bien sûr, d’autant plus que chacune des reprises ajoute une nuance de plus.

A Au si tu retiens les fautes ce qui signifie: si tu fais grâce, correspond le C’est lui qui rachètera, autrement dit, Dieu ne se contente pas d’avoir pitié, de faire grâce, il agit en libérant, mais en payant le prix fort: son propre Fils.

B Au pardon et à la crainte (attention, ce mot n’est pas ici synonyme de peur mais de respect face à quelqu’un qui nous dépasse infiniment) répondent le rachat et surtout l’amour, l’attention bienveillante de Celui qui reste fidèle: Dieu va racheter l’homme parce qu’il est amoureux de l’homme. L’expression près de Lui évoque déjà l’Emmanuel, le Dieu- avec-nous de Noël.

C Au désespoir de la situation de départ voici maintenant la réponse: attends. C’est l’attitude fondamentale de celui qui se bat dans le quotidien avec les difficultés de l’existence mais qui est confiant dans l’à-venir car il sait qu’il peut compter sur son Dieu.

D Il est confiant parce qu’il est comme le veilleur: malgré la nuit, malgré l’angoisse et la souffrance du désespoir, le veilleur sait que l’aurore ne le décevra pas et que, malgré l’opacité de la nuit, le matin infailliblement viendra. Ainsi, pour le psalmiste, l’Amour miséricordieux est plus fidèle au rendez-vous que l’aurore après la nuit, car sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore (Osée).

Admirable dans sa construction, ce psaume ne l’est pas moins dans son expression. Et il rejoint ainsi bien des situations humaines: malgré nos certitudes, nos conforts, nos technologies, ne sommes-nous pas d’abord des pauvres? Que savons-nous de la mort? de la vie? de la souffrance? du malheur? du bonheur?

Personne n’est à l’abri ni du désespoir ni de la souffrance, mais tous peuvent devenir des guetteurs, des veilleurs: il suffit de croire qu’après toute nuit le jour se lève et que les ténèbres les plus noires ne sauront jamais étouffer la lumière.

Voilà pourquoi ce psaume est prié tous les jours de la semaine qui suit Noël. Car Noël n’est-ce pas l’irruption de la lumière au coeur des ténèbres? De l’enfant-espérance au coeur de nos tourments et de nos plus durs labeurs?

La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie...

Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme...

et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous.

                                              Jean 1

 

Suite