Paroisse catholique de Savièse

 

Patron de la Paroisse de Savièse,

St-Germain,  fête le 28 mai

 

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Février 2003

Eglise de Savièse
Vitrail de Chandolin
Ernest Biéler (1934)

 

Eglise de Savièse
Clé de voûte
Lune (XVIe s.)

 

Eglise de Savièse
Vitrail de Drône
Ernest Biéler (1934)

 

Eglise de Savièse
Clé de voûte
Soleil (XVIe s.)

 

2003, ANNEE DE LA BIBLE par Bernard Héritier, diacre

LE PSAUME 138 (139)

L’athéisme moderne a souvent reproché à la religion d’avoir inventé Dieu de toutes pièces. Cette invention lui aurait permit de maintenir l’homme dans une sorte d’obscurantisme. Il serait ainsi consolé lorsqu’il souffre ou réconforté lorsqu’il ne trouve pas de réponses à ses questions.

Ce reproche oublie cependant quelque chose d’essentiel. Dans les religions révélées, ce n’est pas l’homme qui cherche à atteindre un dieu qu’il crée, mais bien Dieu qui cherche l’homme. C’est là tout le sens du mot Révélation: Dieu parle à l’homme, s’approche de lui, essaye de l’apprivoiser. Et cela, depuis qu’il a, jadis une première fois, parlé à Abraham. Mais ce désir de Dieu de se dire à l’homme, de rencontrer l’homme s’est très souvent heurté au non vouloir de l’homme: Quaerens me sedisti lassus, chante le Dies Irae: à force de me chercher, tu t’es arrêté, fatigué!

C’est de cette folle recherche que Dieu fait de l’homme malgré ses refus que parle le magnifique psaume 139, en des termes qui rejoignent certaines attitudes modernes.

Dieu... tu me connais:

Cela signifie: tu sais tout de moi, de ma vie. Connaître désigne en effet la relation qui unit, au long des jours et des années, un homme et une femme qui vivent ensemble.

La parole n’est pas encore sur ma langue... que tu la sais tout entière!

Tu sais ce que je pense avant même que j’aie pu le formuler!

Mais cette présence, c’est trop. Trop d’étouffements, trop de contraintes:

Où irai-je loin de ton esprit, où fuirai-je loin de ta face?

La présence de Dieu est trop étouffante. L’homme se sent écrasé même s’il fuit dans l’espace ou dans les profondeurs, à l’est (si je prends les ailes de l’aurore) ou à l’ouest (si je vais au plus loin de la mer).

Le psalmiste essaye alors de fuir dans les ténèbres. Et on ne peut s’empêcher de penser à tous ces cheminements de mort que sont le désespoir, la drogue ou le suicide:

Que me presse la ténèbre, que la nuit soit pour moi une ceinture!

A ce point, le psalmiste se sait dans une impasse. Il se rend compte alors que si Dieu l’entoure tellement, c’est parce qu’Il l’aime:

c’est toi qui m’as tissé au ventre de ma mère...

mon embryon, tes yeux le voyaient!

Il peut alors rendre grâce:

je te rends grâce pour tant de prodiges: merveille que je suis, merveille que tes oeuvres,

cette omniprésence de Dieu qu’il prenait pour un enfermement est en fait une porte de liberté. Ce qu’il prenait pour un étouffement est en fait une respiration: si Dieu donne la vie, c’est qu’il est la VIE, et laVIE ETERNELLE:

Sonde-moi, ô Dieu, connais mon coeur,

conduis-moi sur le chemin d’éternité.

Bernard Héritier

 

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