Paroisse catholique de Savièse

 

Patron de la Paroisse de Savièse,

St-Germain,  fête le 28 mai

 

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Mai 2003

 

Eglise de Savièse
Vitrail du Drapeau
Ernest Biéler (1934)

 

 

 

 

 

Eglise de Savièse
Clé de voûte
L'oeil
Ernest Biéler (1934)

2003, ANNEE DE LA BIBLE par Bernard Héritier, diacre

UNE LOI UNIVERSELLE

Nous avons vu, le mois dernier, que la Loi est de l'ordre de l'amour, à l'image de l'amour de Dieu: débordement incessant de tendresse et de miséricorde.

C'était le message essentiel du prophète Michée. Le prophète Jonas veut approfondir cette idée de tendresse : s'il est vrai, l'amour de Dieu doit s'intéresser à tous les hommes car cet amour ne peut être qu'universel.

Le livre de Jonas est écrit à une période où la communauté juive de l'Ancien Testament est tentée par la peur et le repli sur soi: Dieu est à nous! Ne risquons pas de le perdre en le partageant avec d'autres! Car l'autre - cet étranger, ce païen - est potentiellement dangereux et risque de nous faire perdre notre identité !

C'est bien ainsi que s'ouvre le récit: Jonas reçoit l'ordre d'aller apporter la Parole de Dieu aux habitants de Ninive (dans l'Irak actuel), la grande ville païenne: imaginez aujourd'hui qu'un juif se rende à Bagdad pour parler du Dieu d'Israël! Autant courir au suicide! C'est bien le réflexe de Jonas qui obéit à Dieu et s'embarque... pour l'Espagne.

Mais Dieu ne se laisse pas démonter: une petite tempête, une baleine dans le ventre de laquelle Jonas va séjourner trois jours (figure prophétique de la mort et de la résurrection de Jésus), et voilà notre prophète rendu à son point de départ! Il doit bien alors obéir. Et là qu'elle n'est pas sa stupéfaction: au lieu de se faire lyncher comme il s'y attendait, Jonas assiste à la plus incroyable conversion de l'histoire de tous les temps :

Jonas avait à peine marché une journée en proférant cet oracle: "Encore quarante jours  et Ninive sera mise sens dessus dessous", que déjà ses habitants croyaient en Dieu.

Tous les habitants de Ninive - et Dieu sait s'ils sont nombreux puisqu'il fallait trois jours pour traverser la ville - le roi et même les animaux se convertissent, font pénitence et croient en Dieu !

Mais le récit ne s'arrête pas là. Jonas se fâche car il est jaloux. Il se rend compte en effet que son Dieu n'est pas un Dieu du mérite, de la récompense (si tu accomplis parfaitement les préceptes de la Loi, tu es sauvé), mais un Dieu d'amour. Et c'est bien ce qu'il reproche à Dieu :

Je savais bien que tu es un Dieu bienveillant et miséricordieux, lent à la colère et plein de fidélité... Maintenant, retire-moi la vie; mieux vaut pour moi mourir que vivre!

Qu'est-ce qu'un Dieu  capable de pardonner à des étrangers, qui ne veut plus punir les méchants et récompenser les justes?

C'est pourtant ce que Dieu va faire comprendre à Jonas. Avec beaucoup d'humour. Jonas sort de la ville et s'assied. Il attend encore la catastrophe, le feud du ciel qui doit punir les païens. Dieu fait alors pousser une plante qui donne une ombre bienfaisante au prophète qui s'en réjouit. Mais cette plante dépérit, un fort vent d'Est se lève et le brûlant soleil oriental donne une telle migraine à Jonas qu'il est à deux doigts de s'évanouir. Il se fâche alors contre la plante et Dieu se sert de cet événement comme d'une parabole:

Toi, tu as pitié de cette plante pour laquelle tu n'as pas peiné et que tu n'as pas fait croître... Et moi je n'aurais pas pitié de Ninive la grande ville où il y a plus de cent vingt mille êtres humains!

Si Dieu est amour, il l'est pour tous, même pour ceux qui, à priori sont méchants ou nos ennemis: c'est déjà en germe la Bonne Nouvelle du Nouveau Testament :

Je ne suis pas venu sauver les justes, mais les pécheurs...

Aimez vos ennemis...

Bernard Héritier

 

   
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